Après leur rencontre malheureuse avec un casier et la plongée de Tanguy pour libérer le bateau, à moins de 2 milles de la ligne de départ… les écrans affichant les informations précieuses telles que la vitesse, l’angle du vent apparent et réel, la vitesse du bateau par rapport à la surface et au fond se sont soudainement éteints, deux heures seulement après le début des hostilités. La centrale électronique du bord lâchait ainsi, sans préavis, le duo de Novedia – Initiatives. Les nombreuses bascules et autres variations de vent et de courant rythmant et complexifiant à souhait ce parcours depuis le départ, l’absence de ces instruments pénalise sans nul doute les performances de Novedia – Initiatives, comme en témoigne Jean : « On ne joue pas à armes égales avec les autres. Ce sentiment d’impuissance n’est pas très agréable à vivre. C’est particulièrement handicapant de nuit en l’absence de repère, mais très instructif de naviguer uniquement aux sensations… »
Pointé en 7ème position au classement de 15h30, Tanguy et Jean accusent un retard de 72,6 milles par rapport au leader dunkerquois, qui s’est fait la malle hier. Profitant le premier de l’adonnante juste après la pointe de l’Angleterre, il a emmagasiné une trentaine de milles d’avance sur le 2nd.
Pendant ce temps… notre duo, affrontait en fin de nuit, une nouvelle avarie de taille : « Nous avions hissé le spi et entamé notre traversée en direction de l’Irlande depuis 30 minutes seulement, lorsque le grand spi s’est déchiré sur toute sa longueur. C’était un peu chaud pour tout repêcher… Nous avons immédiatement renvoyé le spi medium, pour reprendre notre route dans une vingtaine de nœuds de Sud Ouest et une mer formée ! ». Un nouveau coup dur qui ne les a pas beaucoup aidé à combler leur retard lors de cette si belle course de vitesse et de glisse, somme toute tant appréciée après leur usante progression au près dans de tous petits airs, le long des côtes sud de l’Angleterre.
Passé Tuskar Rock, les spis retourneront au fond du bateau et les voiles de près reprendront leurs places pour attaquer la descente le long des côtes Irlandaises en direction du mythique rocher du Fastnet, toujours dans la grisaille, le froid et la brume de plus en plus épaisse, de la mer Celtique cette fois…
Même si la déception est grande, les deux marins prennent la situation avec philosophie et gardent leur moral de battant : « On profite de ces moments sous spi (même si on aimerait avoir le grand…) pour se reposer en musique et aérer les bonhommes (qui en ont bien besoin…). Malgré nos soucis, nous sommes bien sur l’eau et nous comptons bien nous battre jusqu’au bout. Il nous reste la moitié du chemin pour nous refaire… ». En effet la route est encore longue, tout est encore possible sur ce type de parcours et l’anticyclone se profilant au large des côtes françaises pourra peut être, qui sait, leur donner un petit coup de pouce…
Leur retour du côté des côtes françaises se fera sans nul doute sous le soleil, mais leur progression risque fort d’être ralentie par la présence d’un bel anticyclone qui va doucement se centrer sur la pointe Ouest de l’Angleterre.
